Daniel Segonds, président du directoire de RAGT est aussi vice-président du pôle de compétitivité Agrimip Sud-Ouest Innovation. Un siège qu’il avait initialement accepté sans réelle conviction, il l’admet, mais qui est ensuite devenu pour lui source d’un bel enthousiasme.

Agrimip

« Agrimip, ce n’est ni un machin ni une machine à sous ! » Il faut comprendre, à travers la formule de Daniel Segonds, que le pôle de compétitivité agronomique de Midi-Pyrénées et d’Aquitaine n’est pas un guichet où l’on vient chercher des aides financières. Ce n’est pas, non plus, une de ces intentions aux contours flous et à la productivité incertaine. Sa vocation est de faire émerger les projets de recherche et développement dans le domaine de l’agronomie, de la plante de base au produit fini et du process de fabrication aux attentes du consommateur. Agrimip Sud-Ouest Innovation, bien que né deux ans après les autres pôles agroalimentaires, en 2007, est déjà le champion de France pour le nombre des projets de recherche financés par le Fonds Unique Interministériel (FUI) : 23 projets. Au total, depuis sa création, Agrimip a labellisé 238 projets pour un budget global de 555 millions d’euros et 61 millions d’euros de subventions obtenues.

L’innovation au service de l’innovation

Le pôle de compétitivité a trouvé la formule qui fonctionne, avec les bons ingrédients : la recherche, la formation et les entreprises, avec pour liant le territoire. « Il y a réunie en Aquitaine et Midi-Pyrénées, toute l’intelligence nécessaire pour faire de ce territoire un leader mondial de l’agriculture et de l’agroalimentaire et Agrimip est le catalyseur qui permet à cette intelligence de s’exprimer, explique Daniel Segonds. Sans Agrimip, nombre de ces projets de recherche collaboratifs, réunissant des entreprises parfois concurrentes, des laboratoires privés et publics, n’auraient jamais vu le jour. »

Au-delà du soutien aux projets de recherche et développement, Agrimip Sud-Ouest Innovation invente aussi de nouveaux outils pour faire fructifier les idées. Le pôle a mis en place des clubs de l’innovation tels que « Terre des étoiles », qui veut rapprocher l’agriculture des acteurs d’Aerospace Valley. Il a également créé un Tremplin jeunes chercheurs permettant à des chercheurs du territoire de participer à des congrès internationaux. Il a aussi inventé le Prix Agrimip des lycéens, qui amène les scolaires à étudier et noter des projets de recherche pré-sélectionnés. Agrimip a enfin engagé son comité de labellisation des projets dans une démarche de certification ISO. « Nous sommes les premiers à le faire, pour garantir l’équité et la transparence de nos choix », souligne Daniel Segonds.

Une nouvelle phase

Après cinq années déjà riches en réalisations, Agrimip s’engage dans une nouvelle phase, dont les orientations seront validées dans quelques semaines. Le pôle souhaite aller plus loin dans le suivi des projets labellisés, avec la création d’un indicateur de retombées économiques, en partenariat avec la Toulouse School of Economics qui doit mettre au point une méthodologie. Il est également prévu d’aider les entreprises innovantes à élaborer des plans d’affaire. Agrimip souhaite aussi engager une réflexion sur la propriété intellectuelle, pour la protection des idées et le partage de la valeur. Le pôle apportera une attention particulière à des agrochaînes d’excellence, telles que le tournesol, le maïs, les palmipèdes, avec l’ambition de faire du territoire une référence mondiale dans ces domaines-là. Il s’intéressera également de très près aux intrants bio-sourcés (pour réduire l’utilisation des produits de synthèse dans l’agriculture), à l’amélioration du matériel agricole (pour le rendre plus intelligent) et à l’agroraffinerie (qui permet d’utiliser le végétal dans son intégralité).

La touche RAGT

Pour Daniel Segonds, la présence de RAGT au sein du pôle Agrimip est on ne peut plus naturelle. « La recherche est dans les gènes de l’entreprise, rappelle-t-il. Nous apportons des projets et nous sommes très ancrés dans le territoire. A ces divers titres, RAGT occupe une place exemplaire au sein du pôle de compétitivité. » Et le président du directoire de citer plusieurs projets auxquels à directement participé l’entreprise aveyronnaise : Oléosol (pour développer la compétitivité du tournesol), Innov’Herba (l’adaptation des plantes aux pâturages en conditions difficiles) ou encore le projet Genomic Breeding Decision Support (GBDS), qui a l’ambition de rapprocher les disciplines (mathématique, météorologie, biologie, génétique, etc) au service de la connaissance du génome des plantes dans leur environnement.